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Des protestants français en Indochine

Ulysse Soulier et Paul Monet

Recherches dans les archives et idée originale : Jean-François Faba
Écouter les émissions de radio avec Jean-François Faba, diffusées sur Fréquence Protestante
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Courrier de mission du 28 septembre 2016                      Courrier de mission du 26 octobre 2016
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Les origines

Dès 1885, la Société [protestante] d’évangélisation des colonies françaises envoie des pasteurs dans les trois principales villes d'Indochine pour accompagner les protestants français qui y résident, militaires ou fonctionnaires.

En 1899, le pasteur Adolphe de Richemond (1870-1915) adresse depuis le Tonkin - il est alors aumônier de l'Eglise réformée d'Extrême-Orient à Hanoï -  une lettre au pasteur Alfred Boegner, directeur de la Société des missions évangéliques de Paris. Il y pose la question de la fondation d’une véritable Mission protestante française dans le but d’évangéliser la population indigène. Il réitère sa demande en 1910 dans une lettre adressée au pasteur Daniel Couve secrétaire de la Société.

Louis Duong et Samuel Vu-Tam-That, futurs évangélistes

En novembre 1917, c'est au tour d'un soldat annamite (métis), Louis Duong, tout juste démobilisé, d'écrire au directeur de la Société des missions, le pasteur Jean Bianquis. Il s'agit d'un appel aux protestants de France pour qu'ils viennent soutenir une mission en Indochine. Sa lettre est publiée aussitôt dans le Journal des Missions.
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Ulysse Soulier, futur missionnaire

Pendant la guerre, il est directeur d’un foyer du soldat de l'Union franco-américaine sur le front en Picardie. Il y rencontre des tirailleurs annamites.

Il fait ainsi la connaissance de Louis Duong, caporal détaché aux ouvriers indochinois stationnés à Toulon, et de Samuel Vu-Tam-That sergent interprète.

Soulier achève ses études de théologie à la Faculté de théologie de Paris en 1920.  Il se met aussitôt en campagne pour créer des groupes de soutien et surtout obtenir des financements.

Son projet se situe en marge du travail de la SMEP qui vient de récupérer le champ missionnaire des missions allemandes au Cameroun et ne peut se lancer dans une nouvelle entreprise. Il se situe également en marge de l'oeuvre de la Société d'évangélisation des colonies dont les activités sont orientées exclusivement vers les colons.


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Paul Monet, soutien au projet


Capitaine dans l'armée coloniale, il connaît bien l’Indochine où il a travaillé au service géographique. Il souhaite y retourner comme laïc engagé au service de la mission.

En 1922, il fonde le foyer des étudiants annamites de Hanoï dont il prend la direction. C'est une oeuvre laïque, et cependant décrite   comme un terreau préparatoire à l'évangélisation.

Proche du mouvement du christianisme social, Monet publie durant les années 1920 plusieurs livres et articles sur l'Indochine. Il dénoncera en particulier les abus de la colonisation dans un récit intitulé "Les Jauniers" (1930).

Une Commission d'étude

Le 12 mars 1920, une "Commission d’étude en vue de la fondation d’une œuvre protestante française en Indochine" est créée, suite aux démarches d'Ulysse Soulier.

Le président n'en est autre que Raoul Allier, doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, le secrétaire le pasteur Marc Boegner, déjà secrétaire de la SMEP.

Y siègent en outre le pasteur Wilfred Monod, professeur de théologie, le pasteur François Méjean, secrétaire général de l'Union nationale des Eglises réformées de France, Pierre Maury, secrétaire général de la Fédération française des associations chrétiennes d'étudiants,  ainsi que deux pasteurs ayant séjourné en Indochine : Jacques Pannier et Ernest Assalit, tous deux membres du Comité de la Société d'évangélisation des colonies.

A ces noms vient s'ajouter celui de  Jules Roux, militaire de carrière mais aussi juriste proche de la Ligue des Droits de l'homme, et professeur de langue annamite au Lycée de Tours.

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Une publication

Monet et Soulier publient toujours en 1920 « L’appel de l’Indochine Française, pour le Christ - par la France -  en Indochine », brochure qui sera diffusée par la Maison des Missions et la Fédération française des étudiants chrétiens.

En couverture, une carte de l’Indochine dessinée en surimpression sur la carte de France ; une croix est plantée derrière la tête du dragon légendaire et se superpose à l'ensemble. Sur le côté gauche du dessin, en caractères chinois, un verset de l'évangile de Jean (15 /13) ; sur le côté droit, un verset de l'évangile de  Marc (1/17). 

Cette brochure d’une cinquantaine de pages a pour but d'argumenter - auprès de leurs groupes de soutien - sur la nécessité d’une mission protestante française en Indochine.

Elle est illustrée de cartes et de photos, dont les portraits des principaux ouvriers de l'oeuvre : figurent en bonne place, sur la même page que  Soulier et Monet, Louis Duong et Samuel Vu-Tam-That, tous deux présentés comme évangélistes (ci-dessus).

Elle est complétée en dernière page par un bulletin de souscription à renvoyer.