La France protestante

et la Mission de Paris


Deux pôles pour un soutien efficace : la prière et l’engagement financier

Comment susciter l’adhésion du protestantisme français au projet missionnaire et récolter des fonds pour le soutenir ? En quoi le protestant des Cévennes, du Poitou ou d’ailleurs se sent-il concerné ? Comment faire jouer la solidarité des chrétiens d’Europe en faveur des Missions ?

À la fin du XIXe siècle la responsabilité missionnaire se répartit ainsi :
« Discerner l’heure de Dieu, c’est l’affaire de la Société des Missions,
nous fournir les moyens d’action, c’est l’affaire des Églises… » (Alfred Boegner, directeur).

Émergence d’un réseau d’amis des Missions

Avant la création de la Mission de Paris, des groupes locaux informels d’Églises soutenaient l’action missionnaire dans le monde : offrandes et réunions de prière étaient leurs moyens d’action. Les groupes de femmes étaient particulièrement actifs. Avec la fondation de la Mission de Paris, ces groupes de provinces mais également de l’étranger, se constituent en réseau de Comités auxiliaires reliés au Comité parisien.

Le « Sou missionnaire » et l’« Union de prière pour les missions » 

Si des sommes importantes sont offertes par des donateurs généreux, il faut pérenniser l’œuvre par des apports réguliers de fonds, même modestes. Des publications, (Journal des Missions évangéliques, Le Petit Messager des Missions évangéliques, L'Ami des Missions, Almanach français des Missions évangéliques), des conférences, des ventes, des expositions, des fêtes des Missions, des jeux pour enfants, permettent de sensibiliser les Églises locales au financement des projets missionnaires et permettent de les porter dans la prière.

Deux innovations originales combinent l’entraide matérielle et le soutien spirituel :

- 1858 : «  le sou missionnaire » : toute assemblée, toute journée de catéchèse, toute manifestation est l’occasion de collectes. Par leur offrande, si minime soit-elle, les paroissiens les plus modestes et les enfants s’engagent pleinement dans la mission  d’évangélisation au nom de leur Église.

- 1896 : « l’union de prière pour les missions » : chaque mois un programme d’intercession est proposé aux amis des missions pour porter un champ de mission, une difficulté particulière, une vocation missionnaire, etc. 

Incidence des crises politiques, économiques, ecclésiales

Au cours du XIXe siècle plusieurs crises politiques et économiques provoquent une grande misère matérielle des classes ouvrières et paysannes en Europe et affectent les fortunes des classes possédantes. Secourir les premières et orienter les secondes au profit des pauvres en Europe, ne risque-t-il pas d’affaiblir la générosité en faveur des Missions ?

On entend dire en effet « qu’il faut d’abord s’occuper des pauvres ici avant d’aider les pauvres là-bas », et « que lutter contre la misère spirituelle ici doit passer avant de combattre le paganisme là-bas »…

Bousculée par ces questions la Mission de Paris répond que la mission n’est ni un luxe ni une œuvre facultative mais une preuve qu’en s’engageant à développer l’Église dans le monde, le protestantisme en Europe peut se réveiller et trouver des forces pour faire croître ses propres Églises.

La mission n'est ni un luxe, ni une oeuvre facultative.






Redonner vie au  réseau des comités auxiliaires

À son arrivée à la direction de la Mission de Paris en 1880, Alfred Boegner  souhaite remobiliser le protestantisme français en faveur des Missions. La formation des pasteurs est essentielle. Pour lui un « un pasteur gagné à la cause des Missions, c’est une Église gagnée ». Il est secondé par des missionnaires tenus de faire des tournées en Europe pendant leurs congés. L’un d’eux, François Coillard expérimente une action qui porte ses fruits : la création des Zambézias petits groupes destinés à responsabiliser les donateurs en faveur du Zambèze. D’autres pays, le Gabon, Madagascar, le Sénégal, bénéficient de cette aide ciblée qui ne doit cependant pas affecter la solidarité générale. 

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