la période coloniale

une situation ambiguë pour la mission 


Dans la première moitié du XIXe siècle, le continent africain s’ouvre à l’influence occidentale. En 1860, des expéditions venues d’Europe et d’Amérique du Nord ont pénétré 10% de ces immenses territoires. À la fin du siècle, toute l’Afrique pratiquement a été explorée et a commencé à vivre sous régime colonial.

1884-1885 : la Conférence africaine de Berlin, événement clé de la colonisation

Convoquée par Otto von Bismarck et Jules Ferry, cette conférence réunit les quatorze principales puissances mondiales d’Europe, les États-Unis d’Amérique, la Russie et la Turquie.

Elle avait pour objectif d’assurer la libre circulation commerciale sur les fleuves Congo et Niger et de dénoncer l’esclavage. Mais elle jette les bases d’un droit colonial au profit des pays occidentaux et esquisse les frontières de futurs pays africains dont les Occidentaux prennent possession.

 Entre la société africaine traditionnelle et la colonisation occidentale, quel équilibre ?





La puissance publique a le devoir de protéger les missions qui deviennent ainsi des auxiliaires du développement de ces pays et de l’éducation des peuples. Bien que n’entrant pas dans le projet initial des missions, cette disposition est accueillie par elles comme une opportunité pour l’évangélisation, voire pour certaines comme « un fait providentiel ».

Alfred Boegner,
alors  directeur de la Mission de Paris, écrit :
« Quel est en ce début d’année 1885 l’événement qui aura dans l’histoire le retentissement le plus prolongé ? N’est-ce pas cette Conférence africaine où les destinées ultérieures du continent noir sont étudiées et réglées ? On peut dès lors conclure que sur l’horloge de l’histoire, l’heure des missions a sonné ».

 On peut dès lors conclure que, sur l’horloge de l’histoire,
l’heure des missions a sonné.






La Mission au Gabon...  sur les pas de l’apôtre Paul

La Mission au Gabon se situe dans la droite ligne de la Conférence de Berlin dont le principe de l’occupation de l’arrière pays (l’Hinterland) est appliqué. Il favorise la pénétration française du pays à partir de l’estuaire du Gabon le long du bassin du fleuve Ogooué.

Mais au Gabon la Mission de Paris entend répondre à un double appel :

- celui de la Mission presbytérienne américaine présente depuis 1842 qui doit désormais quitter un territoire passé sous influence française. Elle cède ses stations à la Mission de Paris.

- celui du gouvernement français qui, par la voix de l’explorateur Savorgnan de Brazza (sauvé grâce à la Mission américaine) demande à la Mission de Paris d’envoyer des instituteurs français. Ceux-ci arrivent, précédant la venue des missionnaires.

L’évangélisation de cette région répond bien à l’esprit de l’apôtre Paul : bâtir sur les fondations posées par un autre et porter l’Évangile là où il n’a jamais été prêché.



Vers un christianisme social 

En passant d’un projet d’exploration à un programme d’exploitation, la colonisation expose les missions à un danger  : celui de brouiller leur message, de dénaturer l’œuvre d’évangélisation par une entreprise de civilisation. Le christianisme risque d’être rejeté comme « religion des Blancs », les premiers convertis ayant du mal à trouver leurs repères entre la société traditionnelle africaine qu’ils ont abandonnée et la société occidentale qui les a conquis.

La Mission de Paris se lance alors dans un projet de christianisme social. Elle créée la Société agricole et industrielle de l'Ogooué (SAIO), laquelle met en place une plantation à Talagouga  et une scierie à Ngomo. Au risque d’infléchir le projet initial d’une mission centrée sur l'évangélisation, elle propose une évangélisation consistant à former des hommes capables de résister à l’exploitation coloniale. Parallèlement, le docteur Schweitzer développe l'hôpital de Lambaréné dans un esprit novateur.

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La Mission à l'ère coloniale : la SAIO